Cresson, légume-feuille d ’hiver

Que ce soit cru ou cuit, j’aime le goût particulier et prononcé du cresson de fontaine appelé aussi cresson officinal (Nasturtium officinale) ou cresson d’eau avec sa saveur légèrement piquante. D’ailleurs son nom en latin est basé sur les termes « nasum » qui signifie nez et « torquere » qui veut dire tordre, grimacer faisant ainsi allusion à son caractère piquant.

Un peu d'histoire

Le cresson est un aliment de haute valeur nutritionnelle par sa forte densité en vitamines et en minéraux. Sa richesse n’est pas passée inaperçue puisque déjà dès l’Antiquité, Hippocrate [1] le recommandait comme expectorant et Dioscoride [2] et Pline l’Ancien [3] lui conféraient des propriétés diurétiques. C’est à partir du XVIème siècle, qu’on reconnaitra au cresson des vertus diurétiques, apéritives et antiscorbutiques. Sa consommation est donc ancienne et il était cueilli à l’état sauvage aux bords des fontaines, des cours d’eau et des ruisseaux pour ses vertus médicinales.

Nasturtium officinale

Il faut attendre le XIXème siècle pour que ce légume soit cultivé dans des fosses remplies d’eau non stagnante appelées des cressonnières. Il est essentiellement produit en Ile-de-France (l’Essonne étant le premier département cressicole de France), en Picardie, en Tourraine et en région lyonnaise.

Bon à savoir: 
Il est fortement déconseillé de consommer du cresson sauvage. La raison est que l’on peut y trouver un parasite appelé « la douve du foie » pouvant entrainer la distomatose, une maladie grave du foie. Ces petits vers parasites peuvent être présents également dans la salade de pissenlit ou de mâche d’où l’importance de bien laver en général ces légumes et de rajouter du vinaigre blanc surtout s’il s’agit de cueillette sauvage.
Danger ou pas pour la santé?

Pour en revenir au cresson de fontaine cultivé, les cressiculteurs sont soumis à une surveillance sanitaire rigoureuse assurant ainsi l’absence de tout parasite. Donc rassurez-vous, il n’y a pas de danger pour le cresson certifié « Cresson de fontaine ».

Valeur nutritionnelle du cresson

Le cresson est peu calorique et riche en minéraux notamment en provitamines A (carotène) et en vitamines C, B9, B6, E et K. Il est également source de fer, de magnésium et de calcium. Mais d’un point de vue général, le cresson englobe toutes les vitamines du groupe B (sauf la B12) et ce légume possède également du zinc, du potassium, du sodium et des anti-oxydants.

En chiffre :

75 gr représente moins de 15 kcalories et fournit la moitié de la quantité journalière recommandée pour la vitamine C et la vitamine B9, la totalité de la provitamine A, 200% de la vitamine K, 15% du calcium, 13 à 23% du fer et 5% du magnésium.

Feuille de cressonUn aliment riche en vitamines oublié dans nos assiettes

Sa composition est vraiment intéressante puisque sa haute teneur en fer combinée avec celle de la vitamine B9 (acide folique) favorise la fabrication des globules rouges. A cela s’ajoute la présence de la vitamine C qui permet une meilleure absorption du fer. Bref, un trio gagnant qui mérite que l’on invite plus souvent ce légume dans son assiette! Et pourtant depuis les années 60, on observe un déclin du cresson se traduisant par une diminution constante des cressiculteurs et des cressonnières.

8 bonnes raisons de manger du cresson!

Allié prévention cancer !

Des études [4] [5] auraient mis en avant que la consommation régulière de crucifères, comme le cresson, pouvait avoir un effet protecteur et ainsi améliorer la prévention de certains cancers comme des poumons, des ovaires et des reins.

Prévention des maladies cardiovasculaires !

Le cresson limite la pression artérielle grâce au calcium, phosphore et magnésium et les antioxydants permettent de réduire le risque de développer une maladie cardiovasculaire.

Vous avez de beaux yeux !

Riche en provitamines A, en lutéine et en zéaxanthine, le cresson (comme les épinards, les brocolis ou bien les choux de Bruxelles) a également un rôle protecteur au niveau des yeux puisqu’il diminuerait le risque de dégénérescence maculaire.

Renforce le système immunitaire !

Sa richesse en vitamine C renforce nos défenses immunitaires souvent en berne à l’arrivée de la saison froide et permet de mieux se protéger face aux divers maux de l’hiver

Permet de lutter contre l’anémie !

De nouveau grâce à la vitamine C. Ce puissant antioxydant a plus d’un tour dans son sac puisqu’elle permet également d’augmenter l’assimilation du fer.

Bon pour le moral!

Et oui, la présence des vitamines B notamment la B6 est essentielle pour notre cerveau car elle favorise la synthèse de la dopamine, du GABA et de la sérotonine. Ces neuromédiateurs ont des effets importants sur notre humeur et notre bien-être.

Bon pour nos os et notre bouche!

La vitamine K et le calcium contribuent à une bonne santé osseuse et buccale. Cela peut être très intéressant par exemple pour les femmes ménopausées qui peuvent avoir une perte de la densité osseuse. Mais cela peut être bénéfique aussi pour les dents, les saignements au niveau des gencives et l’halitose c’est-à-dire, la mauvaise haleine. En effet, mâcher des feuilles de cresson permet de garder une haleine fraiche.

Allié détox et beauté!

Faible en calories et très reminéralisant, le cresson aide notre organisme à se nettoyer. C’est bon pour la ligne et pour la peau.

Attention il existe des contre-indications :
• Chez les personnes sujettes à des problèmes urinaires de part ses propriétés diurétiques.
• Chez la femme enceinte car il augmenterait la contraction de l’utérus.
N’hésitez pas à demander conseils à votre médecin.

Quand consommer du cresson ?

De septembre à mai.

Comment conserver ce crucifère ?

Le cresson se consomme rapidement après achat car ses feuilles flétrissent vite. Sinon il se conserve plutôt équeuté, lavé et essoré dans une boîte hermétique. Ou bien, il peut être gardé avec les tiges dans l’eau, dans un verre par exemple, puis recouvrez les feuilles d’un linge humide. Quoi qu’il en soit conservez-le dans le bas du réfrigérateur.

Comment cuisiner le cresson

Il peut être haché comme du persil.

Il peut être cuisiné comme des épinards.

Il peut être également consommé sous forme de salade ou de soupe.

Il peut être bu de préférence grâce à un extracteur de jus. Il se marie bien avec la carotte.

Idée recette: la soupe de cresson!

Je vais vous proposer une recette simple et facile d’une soupe de cresson mais il existe de nombreuses variantes. Cette recette peut être réalisée à la vapeur douce afin de préserver au maximum les nutriments.

Préparation d’une soupe pour 2/3 personnes :

Soupe de cressonUn aliment riche en vitamines oublié dans nos assiettes
Ingrédients :

1 botte de cresson fraiche et bio de préférence

2 pommes de terre

Du sel

½ bouillon de volaille

Au choix : crème fraiche, tartare, yaourt à la grecque, fromage de chèvre…

Préparation:

Couper la botte au-dessus du lien.

Laver en mettant un peu de vinaigre blanc dans l’eau et sécher le cresson délicatement car ce légume est fragile.

Mettre une noisette de beurre ou un filet d’huile d’olive dans une casserole.

Ajouter le cresson et laisser réduire un peu.

Rajouter les pommes de terre coupées finement ou en petits carrés, de l’eau, du sel et le demi bouillon.

Laisser cuire 15 minutes.

Vérifier que les pommes de terre soient fondantes avant de mixer.

Rajouter de la crème fraiche ou autre.

Mot de la fin

Évidemment il n’existe pas d’aliment miracle. Néanmoins il existe de nombreux fruits et légumes qui regorgent de vitalité et chacun possède ses propres vertus. C’est pour cela qu’en naturopathie on privilégie une alimentation  variée. Et plus elle sera locale, bio, en respectant la saisonnalité, plus vous bénéficierez de toutes les vertus naturelles. Les minéraux, les vitamines et oligo-éléments viendront ainsi nourrir votre organisme. Cela ne sert donc à rien de manger du cresson matin, midi et soir. Mais faites vous plaisir en mangeant ces légumes-feuilles de manière plus régulière en n’omettant pas tout ce que nous offre Dame Nature en temps et en heure dans le respect de la Terre.

Bien chaleureusement,

Nathalie

-♡-

Notes:

[1] Médecin grec et philosophe considéré comme le « père de la médecine ».

[2] Médecin, pharmacologue et botaniste grec.

[3] Ecrivain et naturaliste romain, auteur de l’encyclopédie Histoire Naturelle.

[4] Brennan P, Hsu CC, et al. Effect of cruciferous vegetables on lung cancer in patients stratified by genetic status: a mendelian randomisation approach. Lancet 2005 October 29;366(9496):1558-60.

[5] Pan SY, Ugnat AM, et al. A case-control study of diet and the risk of ovarian cancer. Cancer Epidemiol Biomarkers Prev 2004 September;13(9):1521-7.

Photographie: © Nathalie Octobon

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